Analyse du SDTAN du Gers : un plan sans accroc ?

Un plan sans accroc ! Vraiment ???

SDTANSDTAN : Schéma Directeur Territorial d’Accès au Numérique. En clair, il s’agit d’un plan départemental, porté par le Conseil Général et financé par des fonds de la Région, de l’État et de l’Europe, visant à permettre une meilleure pénétration des accès haut et très haut débit dans les territoires, et notamment dans les territoires ruraux comme le nôtre. Dans le Gers, ce plan a été conçu au cours de l’année 2011 et est porté aujourd’hui par le syndicat mixte Gers Numérique qui agit en tant que maître d’ouvrage. Ce plan arrive avec la volonté de permettre à tous les gersois d’avoir un accès à internet satisfaisant, moderne et conforme à ce que l’on peut espérer en 2014. L’objectif sera-t-il atteint ? C’est ce que nous analyserons en nous aidant du barème proposé par la Fédération FDN qui rassemble les fournisseurs d’accès à internet associatifs de France et de Navarre (et donc oui bientôt de Gascogne aussi). Pour ce faire, nous nous baserons sur deux documents : le SDTAN du Gers en tant que tel (déposé à l’ARCEP – Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) mais également un document plus récent qui a servi de support de présentation lors d’un Comité de Concertation France THD.

Mise en avant de la fibre

Quel débit sera nécessaire aux citoyens quand les travaux seront terminés et qu’ils seront raccordés ?
On sait que les besoins augmentent de manière exponentielle (loi de Jacob Nielsen), et ce serait construire un réseau obsolète que se limiter à 100Mb/s : c’est une réponse à court terme. A long terme, on prévoit une multiplication par dix du débit nécessaire tous les six ans.
Aussi, un projet qui met en avant la fibre est apprécié.

Corollaire : un projet qui a compris que le 100Mb/s est une réponse à court terme et le besoin exponentiel de débit (x10 en 6 ans) sera bien noté.

Dans le Gers, on sait que les fibres, c'est important.

Dans le Gers, on sait que les fibres, c’est important.

Dans le Gers, le réseau fibre actuel est composé du réseau e-Téra qui va de Bordeaux à Toulouse. e-Téra exploite également un réseau sur la ville d’Auch et quelques ZAE (Zone d’Activités Économiques).
Par ailleurs, le réseau de fibre déployé pour les Montées en Débit ne sera utilisé qu’à 25% pour l’offre PRM, l’offre commerciale d’Orange concernant les Montée en Débit au sous-répartiteur, (source compte @GersNumerique sur Twitter) ce qui permet d’envisager une possible utilisation si les conditions financières et techniques d’accès à ces fibres sont accessibles.

La technologie de fibre optique qui nous intéresse vraiment est ce que l’on appelle le « FttH », Fiber-to-the-Home, qui amène donc la fibre jusqu’au domicile/bureau est effectivement la technologie la plus propice et la plus pérenne pour offrir un accès réseau. Celle-ci permet d’assurer simplement des augmentations de débits très importants et donc de suivre la technologie pendant de nombreuses années. Par ailleurs, c’est la seule technologie permettant d’assurer non seulement du débit en réception (download/téléchargement) mais également en envoi (upload/téléversement). Or les limites en upload actuelles, notamment des technologies ADSL, limitent fortement notre capacité à être « producteur de contenu »comme permettre l’envoi de données lorsque l’on souhaite diffuser de la vidéo ou envoyer des données dans « le cloud »; mais également dans un cadre plus professionnel, permettre à des clients, des équipes commerciales ou techniques d’accéder à des données hébergées chez vous. C’est d’ores et déjà courant dans le cadre du télétravail et ça le deviendra rapidement pour la plupart des entreprises.
Malheureusement, contrairement aux lignes téléphoniques qui ont été installées aux frais de la collectivité au fur et à mesure des années, et ce, depuis des dizaines d’années, l’infrastructure fibre sur la boucle locale (la partie qui va jusque chez vous) est quasiment inexistante et tout est à construire aujourd’hui. Un scénario de couverture de l’ensemble du département en FttH a été imaginé à un coût estimé à près de 300 millions d’€uro, supérieur au budget annuel du département. En conséquence de quoi, le scénario pris en compte par le Conseil Général est une option plus modeste qui rejette l’idée de pouvoir fournir l’intégralité du territoire en FttH et seules quelques zones auront droit à cette technologie.

L’agglomération auscitaine a fait l’objet d’un appel à manifestations d’intentions d’investissement (AMII) par Orange qui couvrira cette zone à compter de 2014 pour une fin estimée en 2020 (ce qui correspond à l’Action 1 du SDTAN) Malheureusement, cette déclaration d’AMII par Orange sur Auch réserve aux seuls opérateurs privés s’étant portés candidats la possibilité d’intervenir. Quid alors de l’exploitation du réseau fibre actuellement déployé par E-Tera ? Par ailleurs, un AMII n’est assujetti à aucune obligation temporelle, il faudra donc nous assurer que les engagements annoncés par Orange soient bien respectés.
Alsatis a également répondu à l’AMII sur d’autres zones, mais ses annonces n’ont pas été retenues par l’État compte-tenu d’une crédibilité jugée insuffisante.

Outre Auch et son agglomération, certaines zones denses, respectant un coût d’accès à la prise inférieur à 1300€, connaîtront les joies du FttH : Fleurance, Plaisance, Mirande, Nogaro, Condom, Masseube et L’Isle-Jourdain. (Action 2 du SDTAN correspondant au FttH en Réseau d’Initiative Public)

Ainsi, selon le plan prévu, seuls 54% des gersois auront un accès réseau FttH d’ici 2020.

Notre note : 54 / 100 soit une note de

8 / 15

Montée en débit sur cuivre ou satellite

La montée en débit sur du cuivre ou du satellite n’est pas souhaitable : perte de temps, d’argent pour la collectivité et peu pérenne puisqu’on risque de voir dépassé par les usages avec un réseau obsolète. Les projets mettant en avant les risques de la montée en débit sont appréciés, tandis que ceux qui préconisent cette dernière sont dépréciés.

Corollaire des actions 1 et 2, 46 % de la population aura accès à non pas du Très Haut-Débit (> 50 Mbps du point de vue de l’Union Européenne, >30 Mbps du point de vue de l’État français, >25 Mbps pour le Conseil Général du Gers) mais seulement du Haut-Débit permettant d’avoir accès à une offre Triple-Play, soit un minimum de 8 Mbps et jusque 20 Mbps au vu des technologies utilisées.
En supposant que les travaux de Montée en Débit (MeD) prennent fin en 2018, nous pouvons estimer que, suivant la loi de Jacob Nielsen, les besoins en bande passante seront dans 3 ans largement au-delà de ce qui nous est proposé. Or, les investissements consentis dans le cadre de ces MeD limiteront de fait tout investissement dans un futur proche. À défaut de choisir entre une mauvaise connexion pour le moment et un réseau moderne pour plus tard, décision a été prise de nous enfermer dans un choix technique pour les 10 prochaines années, avec un retard qui ira donc en augmentant.

Opération d'augmentation de débit satellitaire.

Opération d’augmentation de débit satellitaire.

Concernant le satellite, nous avons déjà expliqué pourquoi cette solution ne doit pas être, en général, privilégiée. Malheureusement, près de 5% des foyers (soit a bisto de nas environ 10 000 personnes) seront assujettis à cette technologie limitante. Cette solution est toutefois celle privilégiée pour tous les précaires numériques qui n’auront pas accès à la fibre, à l’ADSL ou à la radio. Près de 650 000 € sont dédiés à financer des subventions d’accès aux offres satellitaires par le biais d’un remboursement de 250€ sur les 400 que coûte l’antenne . Que n’auraient-ils pu être utilisés autrement…

Dans le Gers, a été prise également la décision de soutenir les offres hertziennes. Sur les quatre opérateurs présentés dans le cadre du SDTAN, deux n’existent plus (Territoires sans fil, dont l’activité a été stoppée il y a quelques années et Meshnet qui vient de déposer le bilan). Bien sûr, offrant nous-même ce type de technologie, il pourrait vous paraître étonnant que nous ne privilégions pas cette solution. Mais notre offre n’a pas vocation à être une solution pérenne à même de remplacer une offre d’accès en Fibre Optique qui nous parait être la technologie à mettre en avant. Notre vocation est de permettre de proposer une alternative aux offres déficientes des opérateurs satellitaires, hertziens ou même de l’ADSL. Il devrait en être autant dans l’esprit de nos collectivités.

Notre note :
MeD et satellite privilégiés

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Commencer par la couverture des zones grises

La fracture numérique se résorbera vraiment avec ce type de priorités : les populations ayant accès à moins de 2Mb/s sont prioritaires, puisque lésées.

Malheureusement, ni le SDTAN, ni le site de Gers Numérique ne fournissent d’informations précises quant à l’ordonnancement prévu pour les mises en chantier. Par contre, nous pouvons noter que le déploiement concernera à terme environ 16 600 lignes dont 13 600 actuellement éligibles au triple play, c’est à dire que les bénéficiaires du THD sont déjà très majoritairement bénéficiaires d’un accès haut-débit, ce qui n’est pas vraiment le signe de la volonté de réduire la fracture numérique mais plutôt de se concentrer sur les zones denses, accessibles, financièrement rentables.

Ça sent la rechute...

Ça sent la rechute…

Par ailleurs, le cadencement des travaux est un levier politique extrêmement puissant. En effet, l’ampleur des chantiers à mener étale ces évolutions nécessaires sur 6 ans (sans compter quelques retards éventuels). Se posent alors les questions de savoir comment et par qui seront traitées les priorisations des chantiers de FO ou MeD ? Qui d’Orange ou du Conseil Général sera décisionnaire ? Comment s’assurer que les choix ne seront pas pris dans le cadre de petits arrangements… Les élections sénatoriales sont passées par là, mais les cantonales sont pour début 2015 et l’aménagement territorial est un élément déterminant du choix des citoyens. Quelle espérance avoir quand le bassin de voix ne rassemble que quelques centaines de personnes par rapport aux agglomérations ou villes moyennes ?

Oui, l’accès numérique est un levier d’aménagement territorial et une arme politique.

Notre note : pas de cadencement annoncé, risques politiques

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Volonté de plus de quatre opérateurs nationaux

Point important pour la FFDN, qui rappelle qu’un opérateur comme FDN doit pouvoir opérer sur ce réseau, au même titre qu’Orange ou Numéricable. La volonté de ne pas laisser le réseau se partager entre quatre « gros » sera donc saluée.

À vous de voir, hein

À vous de voir, hein

Autre question qui reste en suspens : quelles sont les possibilités d’accès au réseau fibre actuellement déployé par Orange (qui a remporté tout récemment le marché) pour les opérateurs tiers ? Pour le moment, nous n’avons pu étudier le catalogue d’accès qu’Orange (titulaire du marché Fibre Optique) a dû fournir dans sa réponse à l’appel d’offres. Ce document doit être rendu public conformément aux préconisations de la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs) et de la loi n°78-753 consolidée en décembre 2013 puisqu’étant dans le cadre d’une Délégation de Service Public (DSP). Le catalogue permet d’apprécier les tarifs d’interconnexion par des opérateurs tiers à l’infrastructure déployée par Orange et financée par les deniers des collectivités. Des tarifs prohibitifs pour l’accès ou la location de la FO écartera les opérateurs locaux, privés, collectifs ou associatifs et concentrera les moyens d’accès au numérique entre les mains d’un ou deux (avec de la chance) acteurs privés.
Vous pourrez trouver les catalogues de service et les tarifs d’autres RIP sur le site de la fédération FFDN

Notre note : Pas d’information, pas de volonté ?

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Existence ou volonté d’une économie numérique sur le territoire

La présence d’entreprises locales travaillant dans le secteur, de FAI locaux, ou encore d’un point d’échange (GIX) local sont un bon point à relever : le projet d’infrastructure sera soutenu par un écosystème qui en a besoin pour croître.

Voilà comment je commence chacune de mes journées dans le Gers

Voilà comment je commence chacune de mes journées dans le Gers

Le Gers bénéficie d’un réseau de fibre déployé par e-Téra, une société anonyme d’économie mixte dont le conseil d’administration est composé des conseils généraux du Tarn (le président d’e-Téra est d’ailleurs le président du CG81, Thierry Carcenac), Tarn et Garonne et Gers, des communautés d’agglomération du Grand Rodez et de Pau-Pyrénées et d’acteurs privés (CDC, Sodepar, Banque Populaire et Dexia). e-Téra dispose d’un réseau de fibre WDM de Bordeaux à Toulouse, qui traverse le Gers d’Est en Ouest sur 150 km en suivant l’Itinéraire Grand Gabarit (l’IGG dans notre jargon gersois), dispose d’un POP à Auch. Par ailleurs, ce réseau couvre également Auch avec 32 km de fibre sur 5 fourreaux (dont 4 appartenant aux collectivités). Malheureusement, aucune information dans le SDTAN ne parait mettre à profit ce réseau. Certainement que de futurs éclaircissements sur les choix effectués modifieront cela. Il est également à craindre que la collectivité ne pouvant agir sur les zones déclarées en AMII, le réseau e-Téra d’Auch ne serve qu’à des besoins techniques des collectivités.
Hormis e-Téra et un opérateur associatif (je vous laisse chercher lequel), aucune structure propre à notre territoire n’est aujourd’hui présente pour accompagner cet écosystème. Et ce pourrait donc être une voie de débouchés techniques à haute valeur ajoutée que de favoriser l’émergence de ce type de services.

Ceci dit, le Gers porte une initiative nommée « Soho Solo » qui vise à accompagner les indépendants et télésalariés à s’installer dans le Gers. Ils sont naturellement des demandeurs d’une offre de connectivité attractive.

Notre note : y’a de la demande et de la nécessité mais pas de grandes compétences en local

5 / 10

Identification des problèmes de commercialisation en “peau de léopard”

On désigne par cette expression le fait de couvrir en priorité les grandes villes, déjà bien pourvues en débit, et de ne couvrir que bien plus tard –ou de ne pas prendre en compte du tout les zones rurales alentour. Les projets qui voient les risques d’une telle stratégie commerciale seront appréciés.

Une image vaut mieux qu’un long discours.

Illustration d’un accès à internet en peau de léopard (cliquez dessus pour avoir une meilleure résolution)

Il nous semble ainsi que le schéma choisi soit typiquement celui qui est à éviter. En effet, il est  important de permettre à l’ensemble du territoire d’avoir un accès au numérique, peu importe les foyers de population. Qu’un investisseur privé fasse un focus sur les zones à haute densité afin d’atteindre au plus vite une balance excédentaire et en tirer bénéfice, soit. Mais nous estimons que les collectivités devraient avoir une vision plus large et ne pas limiter les possibilités d’installation dans des zones peu peuplées.
La question n’est donc pas de savoir combien de foyers seront atteintes par les MeD (ça, c’est à Orange de se poser la question) mais est-ce que l’ensemble de notre territoire sera numériquement accessible.

Notre note : non satisfaisant

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Identification des besoins en compétences fortes (centre de ressources)

C’est un point positif pour l’équipe porteuse du projet, qui a fourni du travail, connait bien son territoire et est donc capable d’identifier des besoins précis.

La route est droite mais la pente est longue

La route est droite mais la pente est longue

Le SDTAN du Gers a été commandité par le Conseil Général à la société de conseil Idate / LM Ingénierie qui a fourni un livrable bien documenté et assez intéressant. Il n’est pas fait mention de prises d’informations particulières auprès des structures ou du public gersois. Le cabinet ayant construit ce plan étant situé dans l’Hérault, il sera sous peu un régional de l’étape grâce à l’adoption toute récente d’une nouvelle répartition des régions et de la fusion de Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussillon. Que sont 333 km à l’heure des autoroutes de l’information ?

Heureusement, la structure mise en place pour la maîtrise d’ouvrage, Gers Numérique, rassemble dans un syndicat mixte les communautés de commune gersoises et le Conseil Général du Gers. Malheureusement, nous n’avons trouvé guère plus d’information en scrutant attentivement son site web et ne pouvons nous assurer du niveau de ressources mis à disposition.

Notre note : Équipes inconnues et expertise hors du territoire

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Document mis à jour

Le SDTAN ne date pas d’il y a trop longtemps, et s’il annonce être mis à jour régulièrement, cette mise à jour est effectivement faite.

Il n’est pas précisé de fréquence de mise à jour du SDTAN hormis en cas de modification patente de l’environnement technique. Qui n’a pas dû évoluer aussi vite dans le Gers que dans le reste du monde ces 3 dernières années.

Notre note : pas de mise à jour depuis janvier 2012

0 / 5

Projet en accord avec le plan de financement validé par l’Etat.

De notre point de vue, le plan de financement validé par l’État correspond à une volonté de financer un plan Très Haut Débit dans le cadre d’un investissement d’avenir pour permettre à la France de redevenir une puissance économique et intellectuelle dans le monde compétitif qui est le nôtre aujourd’hui. Force est de constater que le plan département proposé nous permet de revenir dans le peloton de tête, si seulement nous étions encore en 2004. Malheureusement, en 2014, il ne semble être qu’un rattrapage bienvenu mais tardif et sera déjà dépassé en 2020.

Notre note : non satisfaisant

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Compris la croissance de la bande passante

Ah oui, mais non, là, pour le coup, l'€uro n'y est pour rien !

Ah oui, mais non, là, pour le coup, l’€uro n’y est pour rien !

Le choix de s’orienter non pas vers la fourniture de débit mais vers la fourniture d’un service « Triple Play », internet + téléphonie + TV, est vraisemblablement l’erreur première de ce plan. Les services Triple Play sont des offres apparues en France de manière précoce par rapport au reste de l’Europe, voire du monde. Mais si le sujet reste d’actualité pour tous les sinistrés du numérique du Gers, il s’agit d’un combat d’arrière-garde pour qui a une vision sur l’avenir que nous souhaitons pour notre territoire. La ruralité a ses avantages et ses inconvénients, le Gers a encore quelques potentialités agricoles, n’a que peu d’industries et doit donc s’orienter vers une économie de services dans lequel l’usage du numérique sera prédominant. Et à cet égard, nul intérêt pour avoir la télé ou le téléphone uniquement. Les besoins actuels ne seront pas ceux de demain et encore moins ceux de 2020. Alors? Du débit, du débit, du débit. Il faut être libéré de ce joug pour pouvoir se permettre d’être innovant. Il en va de l’avenir de notre région rurale, il faut la rendre attirante, tant pour ses habitants actuels, pour les conserver sur le territoire, que pour des habitants futurs qui y trouveront leur compte. Et si nous voulons éviter l’effet de territoire-dortoir, l’activité professionnelle doit pouvoir se développer où que ce soit sur les terres gersoises.

Notre note : Point de « Projet Très Haut-Débit », il faut bien se rendre compte qu’il s’agit en fait d’un projet « simplement » Haut-Débit.

0 / 10

Les autres pistes (hors SDTAN)

Le début de la fin de la neutralité du net

Le début de la fin de la neutralité du net

Effectivement, d’autres pistes pour permettre d’accéder en Très Haut Débit existent et sont explorées dans le Gers. Parlons donc de l’expérience #VillagesNumériques. Ce test en conditions réelles, notamment à Nogaro, vise à remplacer l’accès au réseau en Très Haut-Débit via fibre optique par un accès via 4G/LTE. Si les débits sont aujourd’hui très bons (en effet, peu d’utilisateurs exploitent aujourd’hui la 4G), qu’en sera-t-il dans quelques temps ? Et qu’en est-il aujourd’hui d’ailleurs à Nogaro les week-ends de grand prix au circuit ? Par ailleurs, nous estimons que les offres 4G sont surtout une porte dérobée pour le développement d’offres mettant fin à la notion d’accès illimité puisque toutes les offres dites « 4G/fixes » sont assujetties à des quotas de données transférées, ce qui limitera les usages. Quel besoin d’aller vite si on ne peut pas aller loin ? Il est même fort probable que cela incite les opérateurs à mettre en place des offres préférentielles autorisant certains sites à être accessibles en illimité, mettant ainsi à mal la neutralité du net. En suivant l’exemple de l’offre Red de SFR, peut-être que suivant le lieu de votre habitation, n’ayant accès qu’à Orange, vous ne puissiez vous rendre que sur Dailymotion pour ne pas voir votre quota impacté. Comment faire si vous voulez vous abonner à Netflix si votre opérateur décompte les données sur votre quota ?

Cette mascotte est au moins aussi kawaï qu'un chaton, alors bon...

Cette mascotte est au moins aussi kawaï qu’un chaton, alors bon…

Bien entendu, nous nous devons de parler d’ArmagNet comme alternative. Car oui, cela en est une en attendant le fibrage systématique. En effet, notre infrastructure point à point nous permet d’ « apporter » la bande-passante de la fibre à plusieurs kilomètres de son point d’émission via une technologie hertzienne standard, publique, ouverte et fortement sécurisée. Un FAI associatif est forcément à l’écoute de ses adhérents-clients-membres-techniciens-donateurs-participants et faire naître une alternative viable grâce à l’initiative citoyenne est une démarche active et constructive. Qui n’est malheureusement pas comprise ou même acceptée par les autorités, comme l’a expressément exprimé une conseillère générale « Ça ne sert à rien de perdre de l’énergie à votre truc, le CG va faire disparaître les zones blanches, on s’occupe de tout ».  Les associations françaises regroupées au sein de FFDN -une trentaine- apprécieront le message.
Par ailleurs, et dans un cadre plus large, ArmagNet ainsi que tous les membres de FFDN ont vocation non seulement à combattre les inégalités d’accès à un moyen de communication indispensable mais aussi à défendre ardemment la neutralité du net (pour rappel, ce principe exclut ainsi toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau)

Notre note : une alternative piégée qui a de la publicité et l’autre non comprise

0 / 10

Voici donc notre bilan à ce jour

Critère Note
Mise en avant de la fibre 8 /15
Montée en débit réduite 0 /10
Zones grises/blanches 0 /10
Plusieurs opérateurs 0 /10
Économie locale 5 /10
Risque « peau de léopard » identifié 0 /10
Risque « compétences » identifié 0 /5
Document mis à jour 0 /5
Compatible PNTHD 0 /5
Compris la croissance de la bande passante 0 /10
Autres alternatives 0 /10
Bilan

13 / 100

Effectivement, vous vous dites que c’en est trop, que nous sommes excessifs. Il est vrai que nous portons une vision utopique de ce que nous souhaitons voir construire. Utopique peut-être car il s’agit de la construction de notre avenir, sur ces terres où nous sommes nés pour certains, où nous avons choisi de nous installer pour d’autres; en tout cas, de ce territoire dans lequel nous souhaitons nous impliquer et faire évoluer de la façon la plus proche de nos aspirations.  Et cet idéal peut exister, certains territoires ont choisi des options qui vont dans le bon sens. Inspirons-nous de l’exemple de Ardèche-Drôme Numérique qui rassemble la plupart des bonnes idées à mettre en oeuvre. C’est donc possible ! Et comme il engage l’aspect d’attractivité de notre territoire pour de nombreuses années, il faut avoir une vraie ambition, voire le plus loin possible, sortir des brochures commerciales des grands opérateurs, être innovant et offensif, savoir imposer la puissance publique comme garante des intérêts à court et long terme de notre territoire.

Alors, ce plan est-il à jeter ? « Non », répondrons-nous. Il existe, il est là et il nous permet de rattraper enfin un retard ! Il est lancé et il s’agit d’un plan d’envergure même si rien n’est idéal. Donc, faisons avec, utilisons cette base pour construire l’internet que nous voulons, que nous espérons. Et, entre échanges et propositions, nous pourrons certainement approcher de cette vision utopique que nous appelons de nos vœux. Trouvons ensemble comment répondre au besoin d’accès à internet d’ici la fin des chantiers de fibrage/MeD (soit vers 2020 au mieux), comment articuler les actions des initiatives citoyennes  avec les  chantiers en cours de manière la plus pérenne ( timing, choix  localisation?) ou comment avoir accès à l’information réelle quand aux dates de déploiement FO ou MeD pour offrir plus de transparences aux usagers et autres opérateurs. Et réfléchissons tous ensemble à ce que nous souhaitons dores et déjà après 2020, quand le plan actuel sera fini et que nous devrons nous débrouiller par nous-même pour aller au delà des quelques mégas généralisés. Car, à ce moment là, il sera vraisemblablement trop tard pour compter sur les subsides nationales ou européennes. Il ne tient qu’à nous d’être des acteurs, d’être force de proposition, pour modeler notre territoire.

Quelques erreurs sont certainement présentes dans cette analyse, par manque d’information certainement, et nous serions heureux de pouvoir mettre à jour cet article. On peut aussi se dire que l’évolution des informations ne pourra qu’être bénéfique et que la note finale ne peut qu’augmenter. Et ce sera certainement le cas lorsque nous aurons obtenu des réponses aux questions que nous nous posons encore.

Et si l’on nous traite de rêveurs ignares, nous répondrons par cette phrase :

Ils ne savaient pas que c’était impossible. Alors, ils l’ont fait.
Mark Twain

 

Bisous

Bisous

 

1 Commentaires

  1. Bonjour Armagnet,

    Quelques détails concernant votre analyse :
    – section Fibre : lien sur l’offre PRM est KO. Merci de corriger. Concernant la zone AMII, seuls les services aux particuliers sont bloqués et les autres opérateurs peuvent accéder au réseau FTTH d’Orange (Numericable-SFR en co-investissement, Bouygues Telecom et Free en utilisateur). Orange et Numericable-SFR s’engagent à couvrir une ville en 5 ans par contrat avec la commune ou la métropole.
    – section MeD : Territoire sans fil existe toujours. Son siège a été transféré à Nanterre et, donc, changement de numéro SIRET/SIREN (radiation et création). Seuls les 42 points haut de Meshnet sont problématiques mais certains n’ont plus lieu d’être à cause de la suppression des GMUX.
    Attention, certaines MeD sont nécessaires car il s’agit pour certains de la suppression d’un GMUX (lignes mutualisées). Ces derniers sont financés sur les deniers d’Orange dans le cadre du SUT. (exemple : Cazaux-Saves, Clermont Pouyguilles, Lannes Soubiran et Saint Sauvy).
    – concernant la couverture des zones grises, Orange et Numericable-SFR étudient avec les mairies la couverture prioritaires des zones grises (ex : Balma, Blagnac, Colomiers ou Tournefeuille en Haute Garonne).
    – concernant le tarif d’accès au FO d’Orange sur Auch, Orange applique son offre nationale
    – concernant le STDAN 32, mise à jour en vue en 2015 : https://twitter.com/GersNumerique/status/506761908574511104
    – concernant le STDAN dans le Plan THD, l’ARCEP l’a validé et peut donc en bénéficier.
    – concernant le #VillageNumerique, Nogaro n’a peut-être pas beaucoup de monde mais, le week-end, la piste de Nogaro est remplie de smartphones, de tablettes et de clé 4G qui bouffent la bande passante. Orange déploie une solution et un forfait distinct des offres mobile, sur la base des offres Let’s Go. Le forfait de l’expérimentation comprend un fair-use de 20 Go. Mais, comme le précise les CGV, la limitation ne se fera qu’en cas de saturation.

    Cordialement

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